Renaissance

Union avec la Navarre

Union, perte de territoire mais affermissement de leur pouvoir

Entre héritage et rapprochement avec Paris......

Analyse Détaillée

Explorez les différents aspects de cette période

Le 6 mars 1509, Jean et Catherine déclarent par un mémoire que le Béarn n’est pas une seigneurie soumise au duc d’Aquitaine. Soutenu par Louis XII alors en Italie, le Parlement de Toulouse prononce la confiscation du Béarn le 7 janvier 1510. Face à cette décision, les États se réunissent avec Jean et Catherine le 26 février 1510 pour fortifier le pays. Une ambassade est envoyée à Louis XII, qui envisage un partage : la Navarre à la Castille et le Foix-Béarn à la France. Mais pendant ce temps, l’archevêque de Saragosse, fils de Ferdinand, affirme que la Navarre revient à son père et, en 1511, il signe à Venise avec le pape pour intégrer la « Sainte Ligue » contre la France. Les Béarnais proposent alors à Louis XII une alliance contre la Castille en échange de la reconnaissance de leur souveraineté. Louis XII accepte d’ouvrir des négociations. Le 2 mai 1512, une ambassade béarnaise arrive à Montrichard, près de Blois. Le 12 juillet, Jean et Catherine confient leur défense à Pierre de Fundères, procureur général de la vicomté, tandis que Jean de Nogerolles représente le Parlement de Toulouse. Pierre énumère les prérogatives du souverain béarnais : battre monnaie, faire grâce, lever des impôts, légiférer, rendre justice sans appel et déclarer la guerre. De plus, les Béarnais établis en France doivent obtenir des lettres de naturalité. Le 15 juillet 1512, les arbitres réunis à Blois cassent les arrêts du Parlement de Toulouse pour incompétence. Pierre de Biaix, arbitre, déclare que « le pays de Béarn est pays de par soi, tenu par ses seigneurs sans reconnaître de supérieur ». Pourtant, les souverains du Béarn ne nomment jamais d’ambassadeurs auprès des cours étrangères. Le 21 juillet, Ferdinand profite du contexte et de l’accord qu'il signe le 9 février 1512 à Londres avec Henri VIII d’Angleterre, hostile à la France (ce dernier se proclamera plus tard chef de l'Église d'Angleterre pour confisquer les richesses catholiques à la suite du refus de son divorce par le pape, et se mariera six fois). Les troupes castillanes envahissent la Navarre, sous prétexte que Jean d’Albret refuse de leur laisser le passage vers la France, alors en guerre pour l’Italie. Ferdinand a en réalité falsifié le traité de Blois pour le transformer en traité offensif. Jean et Catherine doivent se réfugier à Mauléon. En octobre, Jean d’Albret publie un manifeste contre Ferdinand, proclamant qu’il n’a aucun droit sur la Navarre, puis lance une contre-offensive avec Pierre de Navarre et Roger de Gramont. Celle-ci échoue. Les seigneurs de Luxe et de Gramont refusent de prêter serment à Ferdinand et voient leurs biens confisqués ; la Basse-Navarre reste profondément hostile à la domination espagnole. Les Cortès ne parviennent pas à lever les impôts dans les vallées de Mixe, d'Ostabarès, d'Iholdy-Armendaritz et d'Arbéroue, mais les institutions locales survivent : les juntes de Garris et d’Amendeuix rassemblent, en mars 1514, plus de 600 notables sous l’autorité du bayle Jaime de Zhala. La même année, les États de Basse-Navarre réunis à Uhart-Cize prêtent serment de fidélité au roi d’Aragon et doivent lui envoyer des otages. Le poète Bernard d'Echepare (auteur du premier livre imprimé en langue basque) est quant à lui emprisonné pour trahison.