Renaissance

L'Arrivée du Protestantisme

Le Béarn embrasse la Réforme protestante

Entre héritage et réforme, Jeanne d’Albret gouverne libre...

Analyse Détaillée

Explorez les différents aspects de cette période

L'Inquisition se distinguait par un fonctionnement codifié, souvent moins cruel que les tribunaux séculiers (civils). Tandis que l'État exécutait systématiquement pour certains crimes, le Saint-Office préférait faire preuve de « mansuétude » en utilisant le fouet ou les galères. La sanction habituelle pour les cas graves était la « réconciliation », entraînant la confiscation des biens et la prison. Les inquisiteurs acceptaient souvent d'annuler une condamnation à mort, même au dernier moment, si l'accusé abjurait. La peine pouvait alors être « commuée » en service sur les galères ou en retour encadré à la foi catholique. Bien que les manuels (comme ceux d'Eymerich ou Peña) préconisaient la rigueur absolue contre les relaps (ceux qui recommencent), l'Inquisition s'en éloignait souvent pour privilégier l'éducation et la pénitence. En 1524 le pape confie officiellement les délits de sodomie à l'Inquisition en Aragon (après avoir retirés en 1509). L'Aragon gère alors quasi exclusivement ces cas, tandis que le reste du royaume les laisse aux tribunaux civils (les habitants du Béarn deviennent notamment des cibles à Saragosse). À l’origine en occident le mariage était monogame mais restait souple (le divorce est possible et la polygamie de fait existe). Il s'agissait alors d'une affaire civile où l’Église intervient peu. Au VIIe siècle avec le concile de Tolède, les sodomites étaient punis par la castration, le bannissement et la dégradation pour les clercs. Ensuite au XIIIe siècle, le condamné pour sodomie était châtré en public, puis pendu par les pieds jusqu'à ce que mort s'ensuive. Enfin en 1497, le condamné pour sodomie devait être brûlé vif sur le lieu du délit. En 1549 Juana de Martinez, morisque, est condamnée pour « sodomie imparfaite ». Au XIe siècle, l'Église précise les principes, le mariage devient indissoluble (seule la mort libère) et la monogamie devient stricte. Toute relation extra-matrimoniale est déclarée illicite, tandis que l'état de chasteté dans le célibat est jugé supérieur au mariage. L'interdiction de l'inceste est étendue jusqu'au quatrième degré de parenté. Au XVe siècle le fait d'épouser 2 personnes vivantes devient formelle. Les contrevenants risquent des amendes (2 marcs d'argent) et des peines légales. L'archevêque Carrillo s'oppose aux autorités civiles (juges, notaires) délivrant des lettres de répudiation et menace les archiprêtres qui couvriraient ces pratiques. Pour contrer les femmes feignant le décès de leur mari, le synode impose désormais une enquête des vicaires, une preuve de mort véritable et une autorisation officielle sous peine d'excommunication. Alors qu'auparavant les fiancés se donnaient le sacrement eux-mêmes, la présence des parents, de témoins et d'un prêtre licencié devient obligatoire. En 1525, Lucia Fernandez remariée en croyant que son mari soldat était mort, elle est condamnée à l'abjuration de levi (hérésie mineure). De plus, à la moitié du XVIe siècle l'Inquisition espagnole commence à poursuivre la « simple fornication » (incluant le concubinage et la prostitution). Le premier cas est recensé à Séville en 1559. L'Inquisition ne juge pas l'acte sexuel en soi (relevant du civil), mais l'hérésie consistant à croire que cet acte n'est pas un péché mortel. Face à la fréquence de la bigamie, Jeanne La Folle durcit la peine des Partidas : les 5 ans d'exil deviennent 5 ans de galères. Philippe II la passera à 10 ans de galères, accompagnés de l' humiliation publique. En 1563 au Concile de Trente le mariage est confirmé comme sacrement face aux positions protestantes. Cela marque un durcissement global contre les délits sexuels pour protéger l'union chrétienne. Les cas de « bonne foi » disparaissent au profit de la répression de la mauvaise foi ou de l'ignorance des nouvelles règles. En 1570, Martin Diaz, prétendant que son premier mariage privé était nul ou sa femme morte, est condamné à l'abjuration de levi, 100 coups de fouet et 5 ans de galères. La campagne touche toutes les strates (artisans, nobles, clergé). Le clergé subit une répression plus forte (3/10e des brûlés). Cependant, aucun cas de peine de mort n'est recensé pour un acte de sodomie unique sous l'Inquisition. Les mineurs de moins de 25 ans sont généralement épargnés par la mort ; les enfants de 11-12 ans risquent le bannissement, le fouet ou exceptionnellement les galères. La sodomie, la masturbation et la bestialité sont perçues comme les formes les plus graves de luxure. La contraception est une triple offense (Dieu, soi, prochain) et une attaque contre la foi et la raison. À la fin XVIIe siècle on observe un adoucissement considérable des peines. L'exécution devient alors extrêmement rare.

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