Renaissance

Le Départ de la Gouvernante

Le Béarn sans seigneur

Entre France et Béarn, le départ de Catherine....

Analyse Détaillée

Explorez les différents aspects de cette période

Face aux murs de Paris tenus par la Ligue, Henri II de Béarn dispose de troupes insuffisantes (13 000 hommes). Il choisit alors le blocus économique dès le 1er avril 1590, pariant que la faim brisera le fanatisme religieux. Il rassemble les descendants de Saint Louis, protestants comme catholiques. Il promet aux Parisiens sa grâce et le maintien du catholicisme, refusant de céder la ville à l'Espagne ou au duc de Mayenne. À l'intérieur, les Parisiens mangent chevaux, rats et vont jusqu'à broyer des ossements humains pour en faire du pain (une idée de la duchesse de Montpensier, ceux qui en mangent meurent). Touché par la pitié (ou par calcul politique), Henri II de Béarn laisse sortir femmes, enfants, écoliers et autorise l'entrée de vivres pour les princes ennemis. Ce geste soulage la ville, prolonge sa résistance et provoque la colère de son alliée, la reine d'Angleterre. Le siège échoue finalement avec l'arrivée des secours espagnols menés par Alexandre Farnèse, le plus grand stratège de l'époque, qui force Henri II de Béarn à lever le blocus. Le 9 mai 1590, la mort de Charles X (le roi de la Ligue) laisse un vide. Bien que la loi salique désigne les Bourbons comme seuls héritiers, la Sorbonne et Rome rejettent Henri II de Béarn. Le cardinal de Vendôme commence alors à briguer le trône, tandis que la Ligue ignore les candidats catholiques légitimes. Asphyxié financièrement par l'absence de recettes fiscales, Henri II de Béarn vend ses biens personnels et s'endette lourdement. Pour reprendre l'offensive, Turenne obtient 6 000 soldats d'Élisabeth Ière. Henri lève une armée de 30 000 hommes et impose, le 8 mars 1591, le service militaire à toute la noblesse de 20 à 60 ans. Sous influence espagnole, la papauté se durcit. Après les décès successifs de Sixte Quint et Urbain VII, le pape Grégoire XIV renouvelle l'excommunication d'Henri II de Béarn. Ces bulles sont affichées à Notre-Dame le 3 juin 1591, isolant davantage le roi sur le plan religieux. Henri s'appuie sur la tradition gallicane (l'indépendance de l'Église de France). Le parlement de Tours fait brûler la bulle papale et le parlement de Châlons condamne la "tyrannie pontificale" le 10 juin 1591. L'autorité d'Henri II de Béarn vacille. Un Tiers Parti de catholiques modérés émerge, déçu par ses promesses de conversion non tenues. Ses propres alliés le jugent dur et avare. Malgré la menace militaire d'Alexandre Farnèse (qui meurt fin 1592) et l'or espagnol qui achète les députés, le Parlement de Paris résiste. Par l'arrêt du 22 décembre, il impose une condition : le futur roi doit être un prince français catholique. Cette décision ouvre la voie à Henri II de Béarn, à condition qu'il abjure le protestantisme. Dès octobre, Henri II de Béarn peine à payer les renforts anglais de la reine Élisabeth arrivés en août. Par excès de zèle, le roi délaisse le siège de Rouen pour défier le duc de Parme. Avec seulement 400 hommes en reconnaissance, il frôle la capture et est blessé par balle aux reins en protégeant la retraite de ses troupes. Fin 1592, entre la mort de son fidèle Biron et les revers militaires en province, Henri II de Béarn réalise l'impasse de la force. Il délaisse les armes pour privilégier la voie diplomatique. Henri II de Béarn entame sa stratégie de séduction et fait un pas vers le catholicisme en janvier 1593. En face, le camp de la Ligue s'autodétruit, Mayenne est prêt à brader des provinces à l'Espagne et l'envoyé espagnol, Feria, insulte l'assemblée des États Généraux par son mépris et ses exigences territoriales. Ce choc diplomatique finit de basculer l'opinion en faveur d'Henri : la conférence avec le roi est acceptée en février, marquant le début de sa victoire politique.

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