Renaissance

Vers la Révolution

Le Royaume de France est chamboulé

Jusqu'à la convocation des États généraux en 1789...

Analyse Détaillée

Explorez les différents aspects de cette période

L’idéal de la franc-maçonnerie française au XVIIIᵉ siècle est principalement éclairé par la pensée de Louis de Pardaillan de Gondrin, duc d’Antin et Grand Maître de la franc-maçonnerie française. Dans son discours prononcé le 24 juin 1740, lors d’une grande réunion maçonnique, considéré comme le premier manifeste doctrinal de la franc-maçonnerie française, le duc d’Antin affirmait (Discours de Ramsay) que les hommes ne se distinguent ni par leurs langues, ni par leurs habitudes, leurs pays ou leurs dignités. Il concevait le monde entier comme une grande République, où chaque nation représente une famille et chaque individu un enfant, la société maçonnique ayant pour but de faire revivre et de répandre ces maximes universelles, issues de la nature humaine. L’établissement de la franc-maçonnerie visait à réunir les esprits et les cœurs pour les rendre meilleurs, et à former, dans la durée, une nation spirituelle composée de multiples nations unies par les liens de la vertu et de la science, sans jamais déroger aux devoirs particuliers de chacun. Les loges entendaient ainsi rassembler des hommes d’esprit éclairé, de mœurs douces et d’humeur agréable, animés par l’amour des beaux-arts mais surtout guidés par les principes de vertu, de science et de religion. Dans cette perspective, l’esprit de fraternité devait dépasser les frontières du genre humain tout entier, afin d’apprendre aux nations et aux royaumes à se chérir mutuellement tout en respectant leur patrie. L’obligation première du maçon ne résidait donc pas dans une ambition de domination, mais dans le désir d’établir une institution destinée à unir les cœurs et les esprits. Concernant la religion, Louis de Pardaillan précisait qu’il ne s’agissait pas de la religion catholique, ni des règlements sur l’adoration pratiquée par les francs-maçons français, mais d’une loi morale universelle à laquelle tout maçon devait obéir, tout en comprenant la valeur symbolique de l’Art. Ainsi, un maçon ne pouvait être ni un athée stupide, ni un libertin sans religion : autrefois, il devait professer la religion de sa patrie, mais au XVIIIᵉ siècle, il n’était tenu que de suivre la religion sur laquelle tous les hommes s’accordent. En pratique, un franc-maçon devait être un homme bon, sincère, modeste et d’honneur, quelle que fût sa croyance particulière. De cette manière, la franc-maçonnerie se présentait comme le centre de l’union et le moyen d’établir une amitié sincère et durable entre des personnes que tout aurait pu séparer, mais que la fraternité maçonnique parvenait à rassembler.

Vers la Révolution – Renaissance | Mémoire du Béarn