Époque Moderne

Antiquité Technologique

Le Monde Plongé dans l'Obscurantisme

Une dynamique d'unification mondiale s'installe

Analyse Détaillée

Explorez les différents aspects de cette période

En 1890, le Royaume-Uni exige que le Portugal renonce à ses prétentions territoriales entre l'Angola et le Mozambique ("Plan Rose"). Le roi Carlos Ier cède par diplomatie. Cette décision devient le carburant du Parti Républicain. Pour renverser le régime, d'un côté, la franc-maçonnerie représentée par le Grand Orient Lusitanien, préparent la transition, gère la diplomatie et l'idéologie (Teófilo Braga, Bernardino Machado ou Magalhães Lima, fondateur du journal O Mundo) et de l'autre la Carbonária, venue d'Italie, qui recrute des ouvriers de l'arsenal, petits commerçants et militaires subalternes, c'est une organisation pyramidale ultra-secrète : chaque membre ne connaît que son chef et deux "frères", rendant toute dénonciation impossible. Sous l'impulsion de Luz de Almeida, l’un des principaux dirigeants de la Carbonária et maçon de haut grade, la fusion s'opère : les loges financent l'achat de dynamite et d'armes que la Carbonária stocke dans les arrière-boutiques des quartiers populaires comme Alfama ou Alcântara. Les journaux républicains comme A Lucta ou O Mundo lancent une campagne de dénigrement (présenter Charles Ier un "Néron" moderne, tout en ridiculisant la famille royale), si le roi est un monstre qui ruine le pays pour ses plaisirs, alors son élimination devient un acte de salut public. En 1906, face à une instabilité chronique, le roi Charles Ier nomme João Franco à la tête du gouvernement qui ferme le Parlement. Le 1er février 1908, la famille royale traverse la Place du Commerce en calèche ouverte et 2 membres de la Carbonária, Manuel Buiça (un ancien militaire) et Alfredo Costa, ouvrent le feu. Le roi Charles Ier est tué sur le coup. Le prince héritier Louis-Philippe est mortellement blessé. Le second fils, Manuel II, est blessé au bras mais survit. La Carbonária comprend que pour achever le régime, il faut l'armée. Machado Santos, officier de marine et haut gradé carbonaire, passe deux ans à recruter secrètement des sergents et des marins. Des cellules sont créées sur presque tous les navires ancrés dans le Tage, comme l’Adamastor et le São Rafael. Les registres militaires de l'époque témoignent d'une explosion de l'indiscipline liée à cette propagande. Le 4 octobre au soir, l'insurrection éclate. Mais tout semble s'effondrer : le soulèvement militaire est partiel et les chefs politiques républicains (les maçons), pensant avoir échoué, s'apprêtent à fuir. C'est alors que Machado Santos refuse d'abandonner. Il se retranche à la Rotunda (actuelle place Marquês de Pombal) avec un groupe de civils de la Carbonária armés et quelques soldats fidèles. Ce petit groupe tient tête aux troupes royalistes. Le basculement survient quand les navires de guerre, infiltrés par les carbonaires, commencent à bombarder le Palais Royal. La monarchie s'effondre sous le poids de la mutinerie. Le 5 octobre 1910, la République est enfin proclamée. Le gouvernement provisoire est presque intégralement composé de maçons (7 membres sur 9). Le franc-maçon Teófilo Braga est le premier président du Portugal.

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