La monarchie française devant la mondialisation
Des idées noahides s'emparent de Londres, Paris, Pau...
Explorez les différents aspects de cette période
En 1621, Cornelius Jansen et l'abbé de Saint-Cyran se réunissent à Bourg-Fontaine (près de Villers-Cotterêts). Ils étudient Saint-Augustin et posent les bases de leur doctrine : le salut dépend uniquement de la Grâce de Dieu (prédestination), c’est la naissance du jansénisme. Ensuite après la Fronde, une “gueuserie incontrôlable” qui vit dans les cours des miracles s’empare de Paris. La Compagnie du Saint-Sacrement, société secrète de dévots, qui trouvaient la charité catholique "trop gentille" ou inefficace,ont donc fait pression pour la création de l'Hôpital Général. Par négociation, Louis II de Béarn signe l'édit de fondation de l'Hôpital Général de Paris. Le Roi donne aux directeurs de l'Hôpital (qui sont des bourgeois et des magistrats, pas des médecins) un pouvoir de juridiction totale. Ils ont leur propre police, leurs propres prisons, carcans et poteaux. Ils jugent eux-mêmes les délits à l'intérieur de l'Hôpital (ils contrôlent à la fois la gestion et la justice interne). Ils annexent tous les biens, revenus, et rentes de nombreuses institutions de charité existantes. L'Hôpital Général devient extrêmement riche, ce qui est paradoxal étant donné sa mission d'enfermement des miséreux. Une partie des droits de maîtrise est réaffectée à l'Hôpital Général (obligation légale pour financer cette nouvelle structure). L'Archevêque de Paris est membre de droit du Conseil des Directeurs mais il n'a aucune autorité sur les décisions. Le Receveur est l'intendant financier. L'institution sépare les familles pour éviter la "reproduction" de la gueuserie (les hommes partent à Bicêtre, les femmes et les jeunes enfants à la Salpêtrière). Dès qu'on tombait dans la misère (perte d'emploi, mendicité) on restait prisonnier dans ces camps de concentrations. Les femmes issues de la haute bourgeoisie parisienne commandaient les ouvroirs des femmes (ateliers de travail forcé) et imposaient un travail acharné, souvent au-delà de la décence car elles considéraient que leur misère était le résultat de leurs péchés. Saint Vincent de Paul refusait le "renfermement forcé", il disait que la Providence ne voulait pas qu'on enferme les pauvres contre leur gré. Cependant, l'Hôpital Général a fini par absorber administrativement son œuvre des Enfants-Trouvés. En fait, les magistrats géraient l'Hôpital, et utilisaient les réseaux de charité pour s'occuper du quotidien, car c'était une main-d'œuvre gratuite et dévouée. Louis II de Béarn (par Mazarin) a compris que la Compagnie du Saint-Sacrement était une menace politique. Louis II de Béarn interdit leurs réunions en 1660 et dissout la compagnie vers 1666. En 1673, Louis II de Béarn frappe fort en supprimant le droit de remontrance et en donnant un ordre clair : on enregistre les lois et on se tait, ce qui permet à l’autorité royale de reprendre le dessus. Le conflit atteint son paroxysme à Port-Royal, où les jansénistes s’organisent et harcèlent le pouvoir royal, poussant Louis II de Béarn à expulser les religieux en 1709 puis à faire raser le monastère en 1711. Il ne voulait pas partager son autorité. Après la chute des dévots, l'administration de l'Hôpital Général est restée aux mains des familles de parlementaires parisiens, devenus jansénistes pour faire face à la Monarchie. Louis II de Béarn sollicite donc le Pape Clément XI pour obtenir une condamnation définitive des jansénistes, le Pape condamne 101 propositions du livre du janséniste Quesnel, c'est désormais une hérésie (bulle Unigenitus). L’Église de France accepte la bulle avec 40 évêques pour et 8 contre. Mais le Parlement estime que le Pape n'a pas à dicter la loi en France et que cette bulle attaque les "libertés de l'Église de France". Louis II de Béarn a dû forcer l'enregistrement par un "Lit de justice" (il utilise le Grand Conseil, une juridiction d'exception, directement soumise à lui) en février 1714. Mais même après ça, les juges refusaient de juger les dossiers liés à la bulle. Louis II de Béarn meurt le 1er septembre 1715.