Époque Moderne

Le Monde sous la Terreur

L'Entrée du Monde dans l'Obscurantisme

Des Peuplicides se mettent en place au nom de la tolérance

Analyse Détaillée

Explorez les différents aspects de cette période

Sous Louis II de Béarn (roi des peuples de France), les parlements provinciaux devaient enregistrer la décision royale pour avoir force localement, et il y avait une démocratie directe à base familiale en Basse-Navarre ou au Labourd (Biltzar), qui avait une absence quasi totale de féodalité. Chaque fille aînée ou fils aîné était chef de maison et votait dans l'assemblée villageoise, puis le délégué (élu par les chefs de maison) allait au Biltzar dire leur avis (pas le sien) et enfin le syndic (salarié compétent en droit) gérait. Sans noblesse (décorative) ni clergé politique ni bourgeois au-dessus des pauvres. La loi était vivante avec une pression sociale permanente et chaleureuse (un filtre vivant) basée sur la confiance et non des menaces. Ensuite, les Bas-Navarrais et Labourdins ont perçu dans la Révolution une opportunité d’autonomie totale. Ils voulaient maintenir leur administration traditionnelle et avoir des délégués locaux parlant leur langue. Puis, Dominique Garat, face à la centralisation républicaine et suivant les directives du Biltzar, dira : « Une nation éprise de liberté ne doit pas attenter aux droits d'autrui ». L'embryon républicain ne cherche plus à s'adapter à ses peuples, Garat le Jeune criera : « Ma province proteste ! » lors de la suppression des peuples de France et des organisations de vie sociale le 4 août (préparant la justification des abominations de la République), l’Assemblée écrase donc les libertés des démocraties basques. Puis, le 14 juin 1791, la loi Le Chapelier interdit aux « artisans, professionnels et paysans » tout droit de réunion, de grève ou de constitution de syndicat et laisse l’individu seul face à l’État. À Saint-Jean-de-Luz, il y a la célébration de la déesse Raison, puis de l’Être suprême sur la plage. Ces cérémonies allaient jusqu’à des défilés allégoriques mettant en scène la Liberté à cheval, Mars, Bellone et des figurants en tenues burlesques. Des lieux comme le couvent de Sainte-Claire (devient un magasin d'habillement) ou la Visitation (en prison) sont transformés. Mais les Basques sont attachés au catholicisme et rejettent le clergé constitutionnel, préférant souvent franchir la frontière pour recevoir les sacrements de prêtres réfugiés (mais en mauvaise entente avec les Espagnols). Cette fidélité religieuse est un obstacle majeur pour la nation républicaine. Ainsi, en avril 1793, Dartigoeyte (ayant voté la mort du roi et étant épris de Sophie de Foix-Candale qui sauvera des nobles) dénonçait le « fanatisme » des Basques de la frontière (alors que bien plus d’Alsaciens avaient fui, par exemple). Puis, dès novembre 1793, le comité de surveillance de Saint-Jean-de-Luz préconisait l'évacuation totale de la commune, accusant les « aristocrates locaux » (paysans, artisans et domestiques) d'espionnage pour l'Inquisition espagnole. Ce plan de déportation visait à disperser les laboureurs dans le Lot, à envoyer les marins sur les vaisseaux et à enfermer vieillards et enfants dans des asiles pour transformer de force ces paysans jugés ignorants en « bons républicains », car selon Isabeau, l’« âme républicaine » leur est absente. Avant déjà, le 1er mai 1793, après le massacre d’un poste français dans la gorge d’Ibanteli, les représentants reprochent aux Saratars de ne pas s'être soulevés en masse. Nonobstant, une pétition communale atteste de 250 jeunes engagés au combat sur terre et sur mer, des fournitures massives et gratuites à l'armée, ainsi que des travaux de fortification majeurs.

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