Renaissance

Tournée vers Paris

Le Béarn défend sa souveraineté

La bastide de Navarrenx face au Royaume de France...

Analyse Détaillée

Explorez les différents aspects de cette période

En septembre 1567, une insurrection éclate à Oloron. Au même moment, la deuxième guerre civile commence dans le nord de la France. Au début de ce conflit, la reine de Navarre maintient une politique de neutralité. La guerre dure six mois. Elle se termine officiellement par la « paix de Longjumeau » le 23 mars 1568. Cette paix est différente de la précédente (paix d’Amboise) : elle n'est qu'un répit artificiel de quatre ans qui ne marque pas vraiment l'arrêt des divisions. Les modérés s'effindre, Anne de Montmorency (connétable de France) meurt à la bataille de Saint-Denis le 10 novembre 1567. Il était catholique et royaliste, mais servait de médiateur entre les deux camps et de contrepoids aux Guise. Après sa mort, le parti des modérés se désintègre : ses fils se séparent (l'un discute avec les chefs huguenots, l'autre rejoint les conseils des Guise). Un nouveau groupe modéré commence à se former : le « parti des Politiques ». En mai 1568, Michel de l’Hôpital échoue dans ses tentatives de modérer l'influence des ultra-catholiques au Conseil du roi. Découragé, Michel de l’Hôpital quitte la cour et perd son influence sur la politique royale. L'agitation augmente chez les radicaux (« les ultras »). Le 29 mars (six jours après la paix), les chefs guisards décident secrètement de ne pas respecter la paix. Leur plan est d'attendre que les huguenots soient désarmés pour s'emparer de villes protestantes comme Orléans et La Rochelle. Les ultra-catholiques comptent sur le soutien des Parisiens (remontés par la bataille de Saint-Denis), de la papauté et du roi d'Espagne. Le pape Pie V envoie un nouveau nonce (Fabio Mirto Frangipani) pour unir les cours de France et d'Espagne. Le Pape et Philippe II (Espagne) promettent une aide financière à la France à une condition : qu'elle extermine les huguenots au lieu de négocier avec eux. Le Trésor royal français est au bord de la faillite. Aux Pays-Bas, le duc d’Albe arrive à Bruxelles et instaure une politique de répression violente (la « furia espagnole »). Il remplace Marguerite (sœur de Philippe II) qui était plus modérée. Coligny estime désormais que le salut du protestantisme français passe par une collaboration militaire et diplomatique étroite avec les insurgés hollandais. À Rouen (Normandie), la foule massacre des huguenots et pille leurs biens le jour de l'enregistrement de la paix. À Toulouse, le parlement fait décapiter le messager du roi qui apportait l'édit de paix. Les catholiques rejettent l'idée de l'armistice. Les capitaines huguenots refusent de déposer les armes. La Rochelle est en insurrection et renforce ses arsenaux. Des mercenaires allemands non payés (recrutés par Condé) ravagent l'Est de la France. En 1568, la « Sainte-Ligue » est créée. Deux ligues dominent : celle du maréchal de Tavannes (Bourgogne) et celle de Monluc (Guyenne). Monluc correspond avec le roi d'Espagne. La stratégie espagnole est d'unifier sa politique avec les Guise et Monluc (Monluc gère le militaire, le cardinal de Lorraine gère la diplomatie).

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